Durabilité

Par Chloé Leconte , le 28 juin 2021

Une approche harmonisée du carbone dans le cycle de vie est essentielle

Les bâtiments joueront un rôle essentiel dans la réalisation des objectifs ambitieux de décarbonisation de la France, mais il est essentiel d'adopter une approche harmonisée lorsqu'il s'agit d'évaluer le carbone d'un bâtiment sur toute sa durée de vie et d'adopter des approches innovantes pour recycler les déchets de construction.

Ce sont les deux messages importants que Knauf Insulation a mis en avant lors du congrès Low Carbon World qui s'est tenu cette semaine à Paris et à laquelle a participé David Ducarme, notre directeur des opérations du Groupe en tant que conférencier exécutif.

La France a pour objectif, d’ici à 2030, de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40% par rapport à 1990. Cette ambition marque une étape critique sur la voie de la décarbonisation totale de la France d'ici 2050. Les bâtiments étant responsables de 19% des émissions de GES en France, il est essentiel d'adopter les meilleures pratiques pour réduire ces émissions.

David Ducarme

David (à droite sur la photo) déclare : "Chez Knauf Insulation, l'ensemble de notre modèle économique est basé sur la décarbonisation des bâtiments. Nos solutions réduisent considérablement la principale source de carbone d'un bâtiment - environ 85% - qui provient de l'énergie opérationnelle pour le chauffage ou la climatisation.

"Nous avons toujours pensé que l'efficacité énergétique doit occuper la première place dans la course à la décarbonisation des bâtiments. Cela signifie réduire la demande d'énergie grâce à des enveloppes de bâtiment performantes. Cela doit rester une priorité absolue puisque 60% des bâtiments actuels seront encore debout en 2050."

Priorité au carbone incorporé chez Knauf Insulation

Toutefois, Knauf Insulation s'efforce de réduire le carbone émis tout au long du cycle de vie de ses produits, de l'approvisionnement en matériaux à la fin de vie, et de mettre en place une économie circulaire.

En tant qu'entreprise, nous avons réduit nos propres émissions de 23% depuis 2010, nous utilisons jusqu'à 80 % de verre usagé recyclé dans notre laine minérale de verre avec la technologie ECOSE® et, dans notre stratégie de développement durable, nous nous engageons à adopter une vision zéro carbone avec une échéance intermédiaire pour réduire encore de 15% le CO2 incorporé de nos produits d'ici 2025.

En outre, Knauf Insulation s'est engagé à n’envoyer aucun déchet en décharge. Depuis 2010, nous avons réduit de 67% nos déchets mis en décharge et avons lancé une série d'initiatives pour reprendre les rebuts et les déchets de nos clients et améliorer considérablement le recyclage sur nos sites.

Depuis plus d'une décennie, Knauf Insulation utilise également les évaluations du cycle de vie (ACV) pour produire des fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) qui détaillent de façon scientifique l'impact environnemental - y compris les émissions de CO2 - de nos produits, du berceau à la tombe.

"Nous avons également contribué aux recherches menées dans le cadre de l'initiative Level(s) de la Commission européenne, qui propose un cadre harmonisé et unique pour évaluer la durabilité d'un bâtiment, utilisable par tous les États membres de l'UE", explique David. "Ce cadre couvre tous les aspects de l'utilisation des ressources, de la consommation d'eau, du confort thermique et des émissions de carbone tout au long du cycle de vie d'un bâtiment. Il fournit véritablement aux professionnels du bâtiment un "langage" unique pour évaluer la durabilité des bâtiments."

 

Une évaluation inégale des matériaux durables

Malheureusement, la France s'écarte de ce concept d'harmonisation et propose sa propre "ACV simplifiée" nationale, qui évalue l'empreinte carbone des produits différemment de Level(s).

"Au lieu d'évaluer tous les matériaux de construction de la même manière, la proposition française d'ACV surestime le bénéfice potentiel de la séquestration du carbone biogénique dans les produits de construction et leur potentiel d'émissions d=e CO2 différées - ce qui donne aux matériaux biosourcés, tels que le chanvre, le liège ou le bois en particulier, un avantage majeur par rapport aux autres produits de construction."

Cela crée non seulement un déséquilibre dans l'évaluation de ce qui constitue un bâtiment durable entre la France et les autres États membres, mais aussi, en favorisant un matériau par rapport à d'autres, une inégalité de traitement en termes de concurrence.

 

Le défi du recyclage du bois

La recyclabilité du bois suscite également des inquiétudes. Les bâtiments génèrent plus d'un tiers des déchets européens et la plupart des États membres rendent la mise en décharge de plus en plus difficile. En fin de vie, le sort du bois est inévitablement la mise en décharge ou le brûlage, qui ne sont pas des conclusions satisfaisantes.

Comme cette ACV considère un calendrier plus court, elle omet les émissions qui peuvent se produire à la fin de la vie d'un produit. Par conséquent, pour les produits du bois, les émissions de méthane associées à la mise en décharge ne sont pas prises en compte, ce qui laisse aux générations futures le soin de gérer les émissions de GES.

"La France a été un extraordinaire pionnier européen en matière de décarbonisation des bâtiments - en particulier des logements sociaux - et comme cette conférence le démontrera sans aucun doute, il y a eu des succès nationaux extraordinaires", déclare David.

"Mais nous pensons que tous les pays de l'UE bénéficieront d'une approche harmonisée lorsqu'il s'agira de comprendre le cycle de vie des bâtiments et leur impact environnemental, où qu'ils se trouvent en Europe."