Analyse de cycle de vie

Par Chloé Leconte , le 07 mai 2021

RE2020 et logements neufs : quelle solution pour une réglementation environnementale fidèle à ses ambitions ? 

La filière bâtiment est le moteur de la lutte contre le réchauffement climatique

La Réglementation environnementale 2020 (RE 2020) proposée par le Gouvernement envisage d’introduire, pour la première fois en France, une évaluation environnementale des bâtiments neufs. Knauf Insulation, engagé de longue date dans la fabrication de solutions durables et innovantes pour le bâti et respectueuses de l’environnement souscrit pleinement à cette initiative. En effet, la décarbonation du bâtiment est une étape incontournable de la transition écologique : à elle seule, la filière est responsable de 40 % de la consommation énergétique et de 36 % des émissions de CO2 en Europe. Il est aujourd’hui urgent de réduire cet impact environnemental et de développer des solutions pérennes et écoresponsables. A cet égard, une isolation performante, durable et recyclable à l’infini joue un rôle essentiel pour minimiser et réduire durablement l’empreinte carbone du bâti pour les générations futures.

 

L’isolation de l'enveloppe, clé de voûte de la maîtrise et de la réduction de la consommation énergétique des bâtiments

À l’heure actuelle, la majeure partie de la consommation énergétique des bâtiments a pour origine leur usage, et notamment leur chauffage : en France, il représente 28 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. Les pertes de chaleur liées à une mauvaise isolation contribuent largement à l’augmentation de la consommation énergétique des bâtiments : l’ADEME estime que les pertes dans une habitation non isolée se produisent pour environ 30 % par le toit et 25 % par les murs, les zones de renouvellement d’air et les fuites. Améliorer l’isolation thermique des bâtiments est donc un élément déterminant de la décarbonation du secteur.

Pour faire face à ce besoin, Knauf Insulation s’est pleinement engagé dans le développement et le déploiement de solutions d’isolation innovantes. Pour permettre une réduction efficace des pertes énergétiques des bâtiments tout en utilisant des procédés durables, Knauf Insulation a introduit l’isolation thermique des murs par l’extérieur (ITE), l’usage de systèmes de doublages sur ossatures (secs et sans colle), ou encore des systèmes intégrant directement sur l’isolant un membrane d’étanchéité à l’air et à l’eau. Ces solutions contribuent à la rénovation des bâtiments les plus énergivores construits avant l’introduction des premières réglementations thermiques en 1974, qui concernent deux tiers des logements en France – rénovation qui fait partie intégrante de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) lancée en 2020.                 

 

Favoriser la mixité des matériaux de construction

Pour les bâtiments neufs, la généralisation de la construction bas-carbone passe par un usage optimal des différents matériaux et techniques de construction disponibles aujourd’hui. En effet, associer des matériaux aux caractéristiques différentes permet de répondre à la fois aux besoins spécifiques d’une construction sûre et de qualité (selon la solidité requise ou leur résistance au feu, par exemple) et au besoin de réduire l’impact environnemental des bâtiments, en favorisant des matériaux issus de l’économie circulaire ou à faibles émissions de CO2.

 

À travers ses solutions, Knauf Insulation participe pleinement au développement de la mixité constructive : sa laine minérale de verre avec son liant breveté à base végétale Ecose Technology, disponible sur le marché depuis 2010 et embarquant un carboné biogénique, s’adapte parfaitement aux différents systèmes constructifs, y compris à ceux ayant une ossature en bois (MOB).

Pour ces derniers, utiliser une laine minérale comme isolant est d’ailleurs la solution préconisée par le document technique unifié (DTU) 31.2, qui sert de référence pour les constructions à ossature en bois en France. Ainsi, Knauf Insulation participe aussi à perpétuer des règles de l’art considérées comme traditionnelles, telles que définies par les DTU régulés par le Centre scientifique et technique du bâtiment.

 

 

Décarboner l’outil industriel via l’innovation

Dans une optique de réduction des émissions de CO2, l’engagement de la filière bâtiment serait insuffisant s’il se limitait à réduire l’impact environnemental des bâtiments sans tenir compte de l’impact environnemental de l’outil industriel nécessaire à cet effort. Knauf Insulation, en tant que fournisseur du bâtiment, s’est ainsi fixé un objectif de neutralité carbone en 2050, auquel s’ajoute d’autres objectifs à très court terme : par exemple, d’ici 2025, nous réduirons le taux de carbone incorporé dans nos produits de 15 % par rapport à 2019. À cette date, Knauf Insulation aura aussi élaboré sa feuille de route pour l’introduction dans son processus de fabrication de nouvelles technologies décarbonnées.

Pour répondre à ces objectifs, un fonds de durabilité représentant 10 % des investissements de l’entreprise a été mis en place. Entièrement consacré au développement de nouveaux projets écoresponsables, il permettra à Knauf Insulation de réduire ses émissions de carbone et de limiter la mise en décharge de ses déchets, ce qui nous permettra à terme de réduire notre empreinte environnementale d’au moins 25 %. Dès aujourd’hui, nous nous donnons les moyens d’atteindre ces objectifs : la laine minérale à faible taux de carbone de Knauf Insulation, par exemple, permet d’économiser au cours d’un cycle de vie de 50 ans jusqu’à 450 fois plus de carbone qu’il n’en a été utilisé dans sa fabrication. Toutes les informations relatives à l’Analyse de Cycle de Vie des produits Knauf Insulation sont disponibles dans les Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire (FDES).

 

S’inscrire dans une logique d’économie circulaire

Au-delà de l’introduction de nouveaux procédés, il est crucial pour l’industrie du bâtiment de s’insérer dans le développement d’une économie circulaire, afin de réduire et valoriser les déchets produits par le secteur. À cette fin, Knauf Insulation s’est lancé dans un ambitieux projet de recyclage des déchets de laines minérales et la récupération des palettes mises sur le marché.

La laine de verre Ecose Technology contient ainsi jusqu’à 80 % de verre recyclé, issu de filières circulaires. La laine de roche, quant à elle, contient jusqu’à 35% de matière recyclée. Toutes les laines minérales sont recyclables à l’infini et gardent leurs propriétés intrinsèques et donc leur pouvoir de décarboner le bâti.

Plus généralement, ce sont les matériaux de construction eux-mêmes qui entrent dans une logique de circularité : le secteur investit ainsi dans la construction modulable, dans des matériaux recyclables ou réutilisables, comme la brique, qui permettent une déconstruction et non une démolition des bâtiments. En développant de telles solutions, Knauf Insulation et la filière bâtiment participent au développement de l’économie circulaire promue par l’État, qui en a fait un objectif phare de la loi « Anti-gaspillage et économie circulaire » (AGEC) de 2020.

 

Développer un cadre réglementaire favorable à la transition écologique

Avec la RE 2020, la France va encore plus loin : elle jette les bases d’une réglementation environnementale des bâtiments neufs qui doit permettre d’encourager et de pérenniser les efforts de la filière en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Le calcul de l’empreinte carbone des bâtiments étant un élément clé de ce dispositif, il est crucial qu’il s’appuie sur une méthodologie fiable et conforme aux connaissances scientifiques actuelles. Or la méthode retenue dans la version actuelle de la RE2020, l’analyse de cycle de vie dynamique (ACV dynamique), prend en compte le bénéfice lié aux émissions différées de CO2, en tenant compte principalement du carbone émis en début de cycle de vie des matériaux.

Il n’existe pourtant aucun consensus scientifique sur les avantages du stockage temporaire du carbone, et cette méthode irait à l’encontre des normes de la pratique, comme la norme internationale ISO 14067 sur le calcul de l’empreinte carbone des bâtiments. L’absence de concertation autour de cette méthode a d’ailleurs été dénoncée par huit organismes du bâtiment en France dans une lettre adressée à la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, et à la ministre déléguée au logement, Emmanuelle Wargon – lettre également signée par France Nature Environnement.

En privilégiant ainsi les matériaux peu émetteurs en début de cycle de vie, l’ACV dynamique inciterait un recours à des matériaux qui relâchent la plupart de leurs émissions carbone à la fin de ce cycle, sans pour autant les supprimer sur le long terme. Plutôt que d’encourager les industriels à développer leurs méthodes permettant de réduire dès aujourd’hui leur impact écologique, elle renvoie aux générations futures le soin de concevoir des solutions plus durables.

De surcroit, ces matériaux, comme le bois, ne sont ni réutilisables, ni recyclables. L’ACV dynamique écarterait donc des solutions durables et éprouvées en matière de circularité au profit de solutions limitées dans le temps. Il est donc urgent de développer une RE 2020 qui créerait un cadre favorable au déploiement de solutions réellement écoresponsables, permettant aux acteurs de la filière de contribuer pleinement à relever le défi de la transition écologique.

Knauf Insulation a interpellé en ce sens le ministère de la transition écologique et a répondu à la consultation publique précédemment ouverte sur le sujet. Le texte de la réponse est disponible ICI.